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Le Lac des Cygnes à l’Opéra Bastill

18 octubre, 2010
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BALLET DE L’OPÉRA LE LAC DES CYGNES – NOUREEV.

"Dans la version de Rudolf Noureev, le prince Siegfried se dérobe à la réalité du pouvoir et du mariage que lui imposent son précepteur et sa mère pour se réfugier dans ses rêves, où lui apparaît un lac magique porteur d’un amour idéalisé qu’il ne saurait vivre." © René Sirvin – Programme de l’Opéra national de Paris.

SAISON 2010-2011.

Puisant aux sources des anciennes légendes nordiques, où de jeunes filles sont transformées en cygnes par un terrible maléfice, Tchaikovski compose en 1877 son premier ballet, Le Lac des cygnes, d’une singulière douceur et mélancolie. Comme en écho à sa propre expérience, où l’amour rêvé demeure impossible, la partition se place sous le thème de la fatalité. Mais l’œuvre restera incomprise jusqu’à ce que Marius Petipa, dont le centenaire de la disparition est célébré cette saison, lui donne sa propre lecture chorégraphique en 1895. Il déploie pour le corps de ballet féminin, avec le concours de Lev Ivanov, de majestueuses figures et crée le mythe de la danseuse-cygne, qui deviendra la ballerine par excellence. Dans la version que Rudolf Noureev imagine pour le Ballet de l’Opéra en 1984, le prince Siegfried prend toute son ampleur psychologique. Personnage romantique et déchiré, il fuit une réalité imposée pour se réfugier dans un monde imaginaire et fantastique. Il introduit également la figure de Rothbart, précepteur manipulateur et machiavélique, donnant une dimension plus complexe à ce chef-d’œuvre du ballet d’action.

Le Ballet de l’Opéra national de Paris a la particularité de posséder plusieurs versions d’un même ballet : c’est le cas de Giselle ou encore du Sacre du printemps. Le Lac des cygnes – dont l’intégrale n’entra au répertoire de l’Opéra qu’en 1960 (dans la chorégraphie de Vladimir Bourmeister) – fait partie de ces « classiques » souvent  revisités, et que Rudolf Noureev réinterpréta pour le Ballet de l’Opéra en 1984.

Cette production du Lac des cygnes (créée le 20 décembre 1984 au Palais Garnier) fut présentée en 1985 (Garnier), 1986 (Créteil, Washington, New York), 1987 (Copenhague), 1988 (Garnier, New York, Washington), 1989 (La Danse en Révolution / Grand Palais à Paris, Festival d’Athènes), 1990 (Garnier), 1991 (Bruxelles), 1994 (Opéra Bastille), 1995 (Ferrare, Nice), 1997 (Garnier), 1999, 2002 et 2005 (Bastille), 2006 (Tokyo) et 2007 (Sydney).

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Le Lac des Cygnes, Corps de ballet de l’Opéra de Paris

 

LE LAC DES CYGNES DE RUDOLF NOUREEV
Un Lac « freudien »

Dans la version de Rudolf Noureev, le prince Siegfried se dérobe à la réalité du pouvoir et du mariage que lui imposent son précepteur et sa mère pour se réfugier dans ses rêves, où lui apparaît un lac magique porteur d’un amour idéalisé qu’il ne saurait vivre.

« Rudolf Noureev a réglé son premier Lac des cygnes intégral en 1964 à l’Opéra de Vienne. Deux ans plus tôt, lors de ses débuts à Londres dans l’ouvrage avec Margot Fonteyn et le Royal Ballet (dans la chorégraphie de Nicolas Sergueev révisée par Ninette de Valois et Frederick Ashton), le jeune danseur avait ajouté à l’Acte I une variation grave et mélancolique, qui marquait déjà son désir d’étoffer la partie du prince et de donner plus de poids à son personnage. Invité à danser Le Lac deJohn Cranko à Stuttgart en 1963, Noureev découvrit une interprétation psychologique du ballet qui rejoignait ses convictions : ‘Le prince doit apparaître comme un être humain qui a vécu une expérience dramatique et non comme une tête sans cervelle, qui se contente de soulever la danseuse étoile’ .

Aussi, lorsqu’il entreprit de monter Le Lac des cygnes à Vienne l’année suivante, il n’hésita pas à mettre l’accent sur le caractère romantique du prince et développa le rôle pour lui donner une place égale à celle de l’héroïne. Et jugeant tout “happy end” peu en harmonie avec la musique nostalgique de Tchaikovski, il opta pour une fin tragique.

En 1984, à l’Opéra de Paris, Rudolf Noureev remanie sa version : restant fidèle à Marius Petipa et Lev Ivanov, il ne fait pas apparaître le personnage du Bouffon (ajouté en 1920 par Alexandre Gorski), mais réintroduit à l’Acte I le précepteur Wolfgang, éducateur autoritaire et très prégnant sur l’esprit du prince : c’est l’imagination enfiévrée de Siegfried qui transformera – dans les actes suivants – le précepteur en maléfique Rothbart, diabolique manipulateur des âmes et des corps.

Personnage équivoque, à double face, qui symbolise l’esprit destructeur s’opposant à l’idéal du héros. Siegfried, qui a juré un amour éternel à la princesse Odette pour la délivrer de son enveloppe de cygne, sera trompé par Rothbart qui lui présente Odile, miroir inversé d’Odette.

Et, au finale, tandis que – dans la version de Vienne – Siegfried se noyait dans le lac dont Rothbart avait fait déborder les eaux, ici – dans la version de Paris – Rothbart s’élève dans les airs, oiseau de proie tenant triomphalement dans ses griffes la princesse Odette, à jamais transformée en cygne, sous le regard halluciné de Siegfried qui reconnaît “l’image” de son rêve prémonitoire. »

© René Sirvin – Programme de l’Opéra national de Paris

 

LA CHORÉGRAPHIE
Sur le plan chorégraphique, le Lac des cygnes de Rudolf Noureev conçu pour le Ballet de l’Opéra de Paris se distingue des autres versions par un certain nombre de détails :
– à l’Acte I, le chorégraphe transforme la « Danse des coupes » en une grande Polonaise, pour les hommes uniquement (seize garçons divisés en quatre groupes).
– à l’Acte II, Noureev restaure la variation du prince, habituellement coupée, après la danse des quatre grands Cygnes.
– à l’Acte III, le fameux pas de deux du « Cygne noir » devient un pas de trois par l’attribution d’une variation brillante à Rothbart, qui participe également à l’adage initial de ce morceau.
– au dernier Acte, le chorégraphe place un grand adage, ultime rencontre des amants désespérés, avant le dénouement fatal.

LA MUSIQUE
Le Lac des cygnes est un conte fantastique où le réel et l’imaginaire s’interpénètrent : l’être aimé appartient à un autre monde, jeune fille/cygne, que sa ‘surnature’ rend par là même intouchable.

Le sujet ne pouvait que séduire Tchaikovski, fuyant lui-même son réel (un mariage de convenance, masquant son homosexualité) et entretenant une liaison épistolaire avec une personne ‘idéale’ (Nadejda von Meck, sa bienfaitrice) qu’il ne rencontra jamais. Aussi, quand – en 1875 – le Théâtre Bolchoï de Moscou lui demanda d’écrire la partition d’un ballet qui s’inspirerait des légendes nordiques de princesses métamorphosées en cygnes, Tchaikovski accepta aussitôt, même si composer pour la danse n’était pas considéré, dans le milieu musical, comme un travail sérieux. Tchaikovski retint de ses prédécesseurs, principalement des musiciens français qu’il admirait beaucoup (Adolphe Adam pour Giselle – 1841, Léo Delibes pour Coppélia – 1870 et Sylvia – 1876), l’idée d’attribuer aux personnages principaux des thèmes mélodiques qui reviennent et se développent à chacune de leurs apparitions (leitmotive) et le souci d’une composition globale homogène à caractère symphonique.

La création du Lac des cygnes eut lieu à Moscou en 1877, la même année que La Bayadère de Petipa et Minkus à Saint-Pétersbourg. Mais si La Bayadère obtint d’emblée un succès considérable, Le Lac des cygnes fut un échec, en raison d’une mise en scène et d’une chorégraphie (Julius Reisinger) jugées médiocres par la critique. Il faudra attendre la reprise du Lac à Saint-Pétersbourg dans une réalisation du tandem Marius Petipa/Lev Ivanov pour que la partition mélancolique de Tchaikovski soit enfin mise en valeur. C’était en 1895 : gloire posthume pour le compositeur, mort deux ans plus tôt. © Programme de l’Opéra national de Paris.

 

Distributions

Odette/ Odile
EMILIE COZETTE ou DOROTHEE GILBERT* ou MARIE-AGNES GILLOT
ou AGNES LETESTU ou LAETITIA PUJOL* ou OULIANA LOPATKINA**
ou Ludmila Pagliero*

Le Prince Siegfried
STEPHANE BULLION* ou MATHIEU GANIO ou MATHIAS HEYMANN*
ou NICOLAS LE RICHE ou JOSE MARTINEZ ou KARL PAQUETTE*
ou Christophe Duquenne*

Rothbart
STEPHANE BULLION ou KARL PAQUETTE ou BENJAMIN PECH*
ou Stéphane Phavorin
ou Yann Saïz*

* prise de rôle
** Artiste invitée
(Sous réserve de modification)

 

OPÉRA BASTILLE
20 représentations du 29 novembre 2010 au 5 janvier 2011

  • lundi 29 novembre – 19h30
  • jeudi 2 décembre – 19h30
  • dimanche 5 décembre – 14h30
  • vendredi 10 décembre- 19h30
  • dimanche 12 décembre – 14h30*
  • lundi 13 décembre – 19h30
  • mercredi 15 décembre – 19h30
  • jeudi 16 décembre – 19h30
  • samedi 18 décembre -14h30 et 20h00
  • mardi 21 décembre – 19h30
  • jeudi 23 décembre – 19h30
  • vendredi 24 décembre – 19h30
  • dimanche 26 décembre – 14h30
  • lundi 27 décembre – 19h30
  • mercredi 29 décembre – 19h30
  • vendredi 31 décembre- 19h30
  • lundi 3 janvier- 19h30
  • mardi 4 janvier- 19h30
  • mercredi 5 janvier – 19h30

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Le Lac des Cygnes, Corps de ballet de l’Opéra de Paris – © Maurizio Petrone

 

INFORMATIONS – RÉSERVATIONS
par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,337€ la minute)
téléphone depuis l’étranger : +33 1 71 25 24 23
par Internet : www.operadeparis.fr
aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille
tous les jours de 10h30 à 18h30 sauf dimanche et jours fériés

  

en Danza Ballet

Le Lac des Cygnes à l'Opéra Bastill – Mme.Isis Wirth

Cinéma a París: Le Lac des Cygnes de Rudolf Noureev

An exhibition Rudolf Nureyev. Threads of Time.

© 2005 – 2010 Danza Ballet



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